Versons quelques larmes de croco……………….
Hermès élève des crocodiles en Australie pour avoir la matière première nécessaire à la
fabrication d'accessoires dont ses clients sont friands, a expliqué lundi le gérant de la marque de luxe française.
Quelques années peuvent s'écouler entre la commande et la réception d'un sac finement
taillé dans des peaux de grande qualité, dont le prix peut atteindre 35.000 euros.
"Il faut parfois trois ou quatre crocodiles pour faire un seul de nos sacs alors nous
élevons nos propres crocodiles dans nos propres fermes, principalement en Australie", a déclaré Patrick Thomas lors d'un sommet du luxe organisé par Reuters.
Hermès, qui compte 286 boutiques dans le monde, fabrique 3.000 sacs en crocodile par
an.
"Pour certaines peaux, la liste d'attente est de sept ans", a souligné Patrick Thomas,
ajoutant dans un sourire :"Le monde n'est pas rempli de crocodiles, sauf à la Bourse".
Elever des crocodiles coûte cher : les animaux, dont le taux de mortalité avant maturité est élevé, doivent en outre être séparés les uns des autres pour éviter des morsures nuisibles à leur santé et à la qualité
de leur peau.
La maroquinerie représente 40% du chiffre d'affaires d'Hermès, un groupe qui résiste bien
à la crise.
Le groupe doit engager cette année entre 50 et 100 travailleurs du cuir, qui viendront
s'ajouter aux quelque 2.000 artisans employés dans ses usines en France.
Patrick Thomas a précisé qu'Hermès cherchait à renforcer certaines de ses branches, comme
le prêt-à-porter et les soieries, pour éviter d'être trop dépendant de son secteur maroquinier, qui continue selon lui de croître rapidement.
"Nous avons une demande énorme (...) mais nous sommes limités par notre habilité à former
de nouveaux artisans (...) et à trouver des premières peaux de qualité, en particulier des peaux exotiques", a-t-il souligné.
Patrick Thomas a réaffirmé que les ventes du groupe s'étaient améliorées en avril et mai,
limitant la baisse à 2,5% (à taux constants) depuis janvier, au lieu d'un recul de 4,7% au premier trimestre, et qu'elles devraient être stables sur l'ensemble de l'année.
"Nous sommes touchés comme tout le monde par la crise. mais nous ne ferons jamais de
compromis sur la qualité de nos produits. Il n'y a aura jamais de "ligne Hermès bis", a-t-il dit en réponse à la question de savoir si le groupe entendait modifier sa gamme.
Et le gérant de la maison du Faubourg Saint-Honoré d'illustrer ses dires avec l'une de
ses définitions préférées du luxe : "Le luxe, c'est quand le désir est plus fort que la raison". (David Jones et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)
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